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Des Bruxellois engagés avec le 

Les Bruxellois au travail


Au cours des cinq dernières années, le chômage à Bruxelles a diminué tous les mois. Fin août, la Région bruxelloise comptait 88 317 demandeurs d'emploi pour un taux de chômage de 15,7 %. Selon Actiris, c'est le chiffre le plus bas depuis 1992. Le chômage des jeunes est également tombé à 23,2 %, un chiffre encore bien trop élevé, mais bien inférieur aux 30,8 % de 2014. Bien que le redressement ait commencé, il reste encore beaucoup de travail à faire. À titre de comparaison, le taux de chômage en Flandre est de 6,1 %, soit 2,5 fois inférieur.


Nous sommes confrontés à des problèmes structurels majeurs et à des défis spécifiques. Il y a par exemple l'inadéquation entre l’offre et la demande de travail. Notre ville compte un grand nombre de demandeurs d'emploi peu qualifiés, alors que la plupart des emplois exigent des diplômes ou une main-d'œuvre qualifiée, ce qui explique en partie pourquoi un emploi sur deux est occupé par un navetteur. Les connaissances linguistiques des Bruxellois sont en outre insuffisantes, la plupart des offres d’emploi à Bruxelles demandent d’être au moins bilingue, alors que ¾ des demandeurs d'emploi ne connaissent pas ou presque pas le néerlandais.


Et ce déficit linguistique empêche aussi de trouver un travail dans la périphérie flamande, malgré une forte demande de main-d'œuvre peu qualifiée. Ces postes restent donc vacants. À ces éléments s’ajoute encore un problème de mobilité. L’emploi transrégional constitue une partie de la solution pour les chercheurs d’emploi bruxellois, il faut abattre les obstacles qui se dressent sur leur route.


L'afflux massif de demandeurs d'emploi unilingues et peu qualifiés sur le marché du travail bruxellois n’est pas gérable à long terme. Et la situation ne peut qu’empirer sans changement de cap politique. Notre marché du travail sera confronté à une profonde transformation au cours de la prochaine décennie, en effet, la numérisation, la robotisation et la montée de phénomènes tels que l'économie collaborative provoqueront des perturbations majeures. Des catégories professionnelles entières pourraient disparaître ou se transformer. D’un autre côté, de nombreux nouveaux emplois seront créés.


Ces défis exigent une réponse ferme de la part du gouvernement. Malheureusement, le millefeuille institutionnel bruxellois pousse nos pouvoirs publics à travailler de manière trop individuelle, voire à se tirer dans les pattes. Beaucoup trop de dossiers s'enlisent dans des batailles institutionnelles d'arrière-garde et dans l'inertie bureaucratique, et ce sont les Bruxellois en paient le prix, au premier plan desquels les demandeurs d'emploi. 


Ça ne peut plus durer. Une politique régionale cohérente et plus efficace est nécessaire. Ici encore, nous avons des solutions à apporter. Dans le domaine de l'emploi, le rôle de coordination de la Région et d'Actiris devrait être défini de manière plus claire et plus visible. La formation est la clé, nous devons armer les Bruxellois et veiller à ce que chaque talent puisse se développer pleinement. Les personnes qui ne sont pas immédiatement en mesure de participer au marché du travail régulier méritent également une aide. Nous visons une solution pour tous, sans distinction de sexe, d'âge ou d'origine. Nous voulons intensifier la lutte contre la discrimination sur le marché du travail. 

Une politique simplifiée et plus efficace

 

La politique bruxelloise de l'emploi se heurte aussi souvent aux structures. Actiris compte ainsi plus de 170 partenaires pour la formation et l'accompagnement. À la clé de cette multitude d'acteurs régionaux, communautaires et locaux, il y a une forte fragmentation et compartimentation. Souvent, ils travaillent en doublon, ignorant de ce font leurs collègues et homologues. Il n’y a aucune vision globale, ou celle-ci est du moins trop effacée.
 

  • Nous renforcerons Actiris dans son rôle de coordination au niveau local et régional. Tous les partenaires devront souscrire à une stratégie globale développée par Actiris. Le rôle et les tâches des missions locales et des ALE (Agence locale pour l'emploi) seront évalués et réexaminés pour être à terme intégrés au niveau régional. Les services d'insertion socioprofessionnelle des CPAS et des communes doivent collaborer avec Actiris, l'acteur spécialisé.
     

  • Dans le domaine des ICT, on peut dire qu’Actiris et ses partenaires ne sont pas sur la même longueur d’onde. Les systèmes informatiques et bases de données utilisés sont différents et incompatibles : la coopération et l’échange d'informations deviennent difficiles dans ces conditions. Une politique forte exige une vision d’ensemble claire et une gestion efficace de tous les partenaires impliqués. Nous sommes en train d'élaborer un plan d'investissement global ICT pour informatiser le fonctionnement interne d'Actiris et de tous ses partenaires.

 

  • La sixième réforme de l’État a donné à la région la possibilité d'organiser elle aussi des formations professionnelles. Cela n'a abouti qu'à un financement régional de la formation, organisée par le VDAB et Bruxelles Formation, avec à la clé des résultats décevants. Pour beaucoup de formations, les personnes qui finissent par entrer sur le marché du travail sont peu nombreuses. Le rôle de coordination d'Actiris dans l'offre de formation doit être renforcé. Les offres inutiles et excédentaires seront supprimées au profit d'une formation axée sur les exigences actuelles et futures du marché du travail. Une plus grande attention devrait être accordée aux langues et aux secteurs avec un potentiel de croissance, comme les ICT, l'énergie et l'environnement, la santé et le secteur du tourisme, de l’horeca et de l’évènementiel. 

 

  • Il est très difficile de faire reconnaître un diplôme étranger ou d’obtenir une équivalence à Bruxelles, surtout dans la communauté française. Quel gaspillage de talent ! 43 % des demandeurs d'emploi inscrits chez Actiris ont obtenu des diplômes à l'étranger qui ne sont pas reconnus ici. Nous voulons conclure des accords clairs avec les communautés pour rendre cette procédure gratuite, la simplifier et l’accélérer, suivant une procédure similaire. Des procédures accélérées sont nécessaires pour les métiers en pénurie. 

  • Le déménagement d'Actiris à la Tour Astro devrait assurer une meilleure coopération avec VDAB Bruxelles et Bruxelles Formation. La proximité physique facilite les choses, mais nous voulons aussi prévoir des processus pour que ces acteurs travaillent plus activement ensemble, y compris dans les maisons de l’emploi locales, nous voulons un échange d’employés et des lancements des projets communs.
     

  • La répartition des antennes Actiris à travers la région n’est pas optimale, les quartiers les plus défavorisés, connus comme le « croissant pauvre », n’en comptent pratiquement aucune. Nous voulons corriger cette situation. Actiris doit aussi « partir en tournée » dans les quartiers à fort taux de chômage, elle pourra accroître sa visibilité et sa présence au moyen de bureaux mobiles en coopération avec les partenaires locaux et la société civile.
     

  • Nous simplifierons l'administration pour les employeurs et les employés. En effet, les travailleurs défavorisés cumulent souvent plusieurs statuts et sont confrontés à des obligations administratives complexes. Nous voulons une adresse unique où les employés et les employeurs pourront obtenir des renseignements, faire une demande ou recevoir une aide pour se procurer les documents nécessaires.
     

  • Le rayon d’action des services de médiation ne peut pas s'arrêter aux frontières de la région. Nous voulons également favoriser l'échange d’offres d’emploi. À terme, la collaboration poussée entre Actiris, le VDAB et le FOREM doit faire en sorte que ceux-ci fonctionnent comme un service de l’emploi unique pour l’ensemble de la zone métropolitaine bruxelloise. 
     

  • Le faible niveau de formation des jeunes reste l'un des principaux obstacles à la recherche d'emploi, c'est pourquoi nous devons revaloriser l'éducation bruxelloise et lutter contre le décrochage scolaire. Une meilleure coordination est nécessaire entre les communautés, les réseaux d’enseignement et la région. La région doit commencer par enregistrer elle-même un certain nombre de paramètres (absentéisme, compétences linguistiques en fin de scolarité, décrochage scolaire) afin de mieux renvoyer les communautés à leurs responsabilités (voir aussi le chapitre enseignement).
     

  • Davantage de Bruxellois au travail, aussi dans les administrations bruxelloises. Aujourd'hui, à peine la moitié des fonctionnaires régionaux bruxellois vivent à Bruxelles. Les pouvoirs publics doivent montrer le bon exemple. talent.brussels doit commencer par les administrations avec un faible score et élaborer un plan d'action pour recruter plus de Bruxellois dans les services publics. Les services adaptés aux besoins des navetteurs (éloignés) (stationnement, télétravail...) doivent être progressivement réduits. Nous souhaitons investir dans des services au profit des citadins (parkings à vélos, abonnements Villo!) (voir aussi le chapitre mobilité).
     

  • Nous voulons créer un centre de formation multilingue facilement accessible à Bruxelles. Nous prévoyons également la création d’ateliers rassemblant participants, freelances, entrepreneurs et partenaires. La durabilité, la co-création, l’inclusion et l’accessibilité sont ici les maîtres mots.
     

 

  • Poursuivre le développement de l’apprentissage dual dans la région métropolitaine de Bruxelles en mettant l’accent sur les compétences générales, la dynamique de groupe, la responsabilisation et l’inclusion. Il faudra évidemment procéder en collaboration avec les entreprises, organisations partenaires et avec les jeunes eux-mêmes pour améliorer les chances de décrocher un emploi, en jouant au mieux sur les besoins actuels et futurs d’un marché de l’emploi en rapide évolution.

 

Des dispositifs d'emploi sur mesure pour Bruxelles


La sixième réforme de l’État a confié un budget très important et de nombreux dispositifs d'emploi dans les mains de la Région, ces outils doivent être adaptés et utilisés pour aider davantage de Bruxellois à trouver un emploi. 

 

  • Il faut un meilleur suivi de la qualité de ces instruments. Aujourd'hui, les personnes employées au titre de l'article 60 se retrouvent trop souvent à nouveau au chômage. Elles ne reçoivent que peu voire pas d'accompagnement ou d'orientation vers une formation qui maximiserait leurs chances sur le marché du travail. Afin de soulager des CPAS débordés, Actiris ou l'un de ses partenaires de formation doit s'occuper de la supervision et de la formation des travailleurs sous article 60.

 

  • Le système des ACS a complètement dévié de son objectif initial : l’intégration des groupes défavorisés. Mais il est devenu d’un autre côté un pilier du secteur à profit social, en effet une bonne partie du personnel indispensable travaille sous contrat ACS. Les postes ACS dans le secteur à profit social doivent être régularisés après évaluation et les budgets doivent être transférés. 

 

  • Les emplois d'insertion sont un bon instrument pour que les jeunes défavorisés acquièrent une première expérience professionnelle. Mais, compte tenu du groupe cible, il doit être possible de rendre les contrats plus flexibles, de mieux les personnaliser, par exemple en prévoyant un mi-temps sur deux ans combiné à un programme de formation au lieu d’un temps plein sur un an. 

 

  • Près d'un quart du budget bruxellois dédié à l’emploi est consacré au système des titres-services, lequel offre un emploi stable à plus de 25 000 personnes, souvent parmi les moins qualifiées. C’est un succès. Le revers de la médaille, c'est que les travailleurs passent rarement à un autre emploi alors qu’il s’agit souvent d’emplois physiquement exigeants et difficiles à tenir à long terme. Les possibilités de formation sont en outre limitées et sous-utilisées. Nous voulons créer le tremplin qui était initialement prévu en concevant un parcours professionnel pour chaque collaborateur avec des offres de formation adaptées. 


Les conditions Activa sont un instrument efficace pour inciter les employeurs à engager des Bruxellois. Nous voulons le renforcer en augmentant le budget de formation qui y est attaché, afin que les travailleurs puissent être activés plus rapidement. Nous voulons développer les mesures Activa pour en faire un levier permettant aux Bruxellois d’aller chercher un emploi au-delà des frontières régionales.

 

  • Bruxelles est une métropole culturelle et créative, façonnée et renforcée avec le concours de nombreux artistes et talents créatifs de renom. Y faire carrière en tant qu’artiste reste toutefois une gageure. La carrière d’artiste se caractérise bien souvent par une forte insécurité et une grande complexité, nous voulons qu’Actiris propose une offre d’accompagnement adaptée tenant davantage compte de la situation spécifique des artistes.

 

Accompagnement vers le travail durable


L'aide à l’emploi dans la Région est inadéquate. Les plus de 88 000 demandeurs d'emploi en sont les premières victimes, mais c’est aussi un problème considérant la sixième réforme de l'État et la responsabilisation des régions. Bruxelles a la responsabilité d'apporter un soutien intensif et individuel à chaque demandeur d'emploi. 

 

  • Cependant, un accompagnement sur mesure suffisant est nécessaire pour assurer des emplois de qualité. La Région bruxelloise compte aujourd’hui un accompagnateur pour 360 demandeurs d’emploi, et ce alors qu’un accompagnement individuel augmente de 22 % les chances de décrocher un emploi. Nous voulons donc davantage de conseillers, dans le but d'atteindre la norme européenne d'un conseiller pour 60 demandeurs. Ainsi, les demandeurs d'emploi obtiendront plus rapidement un entretien, les accompagnateurs auront plus de temps à leur consacrer et les entretiens pourront être plus fréquents, selon le profil du demandeur.

  • Les accompagnateurs perdent actuellement un temps précieux à cause de la paperasserie, comme la mise en ordre administrative des dossiers. Dans la mesure du possible, ce type de travail devrait être scindé et pris en charge par le personnel administratif. Les conseillers doivent pouvoir se concentrer sur leur tâche principale : guider le demandeur d'emploi.

 

  • Chaque inscription fait l’objet d’un entretien d'admission avec un screening approfondi des besoins, des compétences (potentielles) et des souhaits du demandeur d'emploi. On examine ensuite si les résultats correspondent aux besoins du marché du travail. Sur la base de cet examen, le demandeur d’emploi reçoit un dossier unique complété suivant le principe de la boîte à outils : pour chaque demandeur d’emploi, on prévoit une combinaison de formation, dispositif d’emploi et d’accompagnement en fonction de son avancement vers le marché de l’emploi. La charge administrative de cette « boîte à outil » doit être réduite au strict minimum et, surtout, incomber aux pouvoirs publics.

 

  • L'avancement du demandeur d'emploi vers le marché du travail déterminera la subvention à l'emploi. Pour le groupe cible le plus vulnérable, il s'agira d'une aide illimitée assortie de réductions des cotisations sociales ou de subventions salariales, pour les groupes cibles moins en difficulté, il s'agira d'un soutien à court terme combiné à une formation. Il en ira de même avec l’accompagnement, car tout le monde n’a pas les mêmes besoins, en effet, pour certains, un seul entretien suffit tandis que d'autres demandeurs d'emploi doivent faire l'objet d'un suivi actif et continu.

 

  • Dans un délai de trois mois, la Région de Bruxelles-Capitale doit conclure un plan d'action personnalisé avec chaque demandeur d'emploi dans lequel le demandeur d'emploi s'engage à chercher activement un emploi. Actiris s'engage de son côté à accompagner le demandeur d'emploi intensivement et en longue période, même pendant les premiers mois d'emploi, même en cas de désinscription du demandeur par l’ONEM. Après tout, les personnes qui perçoivent un revenu d'intégration méritent également un soutien intensif pour trouver un emploi. L'activation doit donc entraîner des obligations non seulement pour le demandeur d'emploi mais aussi pour Actiris. En effet, l'objectif doit être l'emploi durable et non une succession d’emplois précaires. Ce plan d'action personnel sera inclus dans le dossier unique et définira étape par étape le projet professionnel du demandeur d'emploi.

  • Le site Internet et la base de données des offres d'emploi sont la carte de visite d'Actiris. Aujourd'hui, le moteur de recherche semble obsolète, son utilisation n’est pas des plus pratiques. Nous voulons régler ce problème. Outre une mise à jour visuelle, la base de données devrait également être plus facile d’utilisation. Nous investirons dans l'amélioration des processus et des algorithmes sous-jacents, afin d'établir des liens plus intelligents et plus précis entre chercheurs d'emploi et employeurs. Il faut également une application plus lisible pour les utilisateurs.
     

  • Nous ferons appel à des panels de jeunes et d'autres groupes cibles qui donneront leur avis sur les méthodes d'Actiris. L'agence s'efforcera également de recruter auprès de ces groupes cibles, de mieux les connaître et de réduire l'écart entre un organisme tel qu'Actiris et la réalité vécue par les Bruxellois. 
     

Éducation et formation 

 

  • L'offre de formation à Bruxelles doit être considérablement élargie. En même temps, nous devons adapter l'offre aux besoins du marché du travail, à ses besoins actuels et futurs. Une attention particulière devra être portée au développement de la formation dans les secteurs porteurs d'emplois, aux métiers en pénurie et aux compétences linguistiques. 

 

  • Trop peu de Bruxellois s'inscrivent à un programme de formation pour une profession en pénurie. Ces programmes sont longs et offrent peu de revenus pendant la formation, nous voulons mettre en place un projet pilote avec un incitant pour attirer les candidats. Il s’agirait de verser un « salaire » (ou une majoration d’allocation) à ceux qui suivront une formation pour un métier en pénurie.

 

  • Les formations proposées par Actiris et ses partenaires se verront attribuer un score rendant compte des chances de décrocher un emploi par la suite. 

  • Nous voulons miser largement sur la revalorisation des métiers techniques. La région doit soutenir les efforts des communautés en faveur de l’apprentissage dual et en alternance et mieux les harmoniser, elle doit également continuer à investir dans l'équipement de l'enseignement technique et professionnel. 

  • Nous voulons construire de nouveaux centres régionaux de formation et d'emploi. Suivant le modèle du nouveau centre de formation pour les métiers techniques et industriels en pénurie d’Anderlecht, des centres supplémentaires doivent ouvrir pour couvrir les besoins en matière de soins, de construction, d’ICT et d’accueil touristique/horeca, en collaboration avec les communautés et secteurs concernés. 

 

  • L’apprentissage des langues doit être au cœur de la formation. Nous voulons enrichir encore l'offre de la Maison du Néerlandais. Outre la Cité des Métiers, il faut une Cité des langues où les Bruxellois pourront s'informer sur toutes les formes d'apprentissage et de formation linguistique. L'objectif est que chaque demandeur d'emploi puisse suivre un cours de néerlandais et/de français. Tous les demandeurs d’emploi qui viennent s’inscrire chez Actiris devront passer un test linguistique dans le cadre de l’entretien d’admission. Un cours de néerlandais standard sera ou non inclus dans la boîte à outil en fonction des résultats.

 

  • Dans le cadre de la garantie jeunesse d’Actiris, nous miserons largement sur les places de stage en périphérie pour renforcer les compétences linguistiques.

  • Actiris, le VDAB et Bruxelles Formation doivent collaborer à une offre de formation professionnelle multilingue. 
     

  • Nous préconisons que l'autre langue nationale soit enseignée de manière intensive dès le plus jeune âge dans l'enseignement néerlandophone et francophone à Bruxelles. Comment justifier que des élèves de l’enseignement francophone bruxellois qui n’ont suivi aucun cours de néerlandais durant leur scolarité reçoivent de coûteux chèques-langues une fois arrivés sur le marché de l’emploi ? Il faut développer des projets-pilotes d’échange de professeurs entre les écoles néerlandophones et francophones. 

 

  • Des études indiquent que 6 mineurs bruxellois sur 10 n’ont aucune idée du métier qu’ils voudraient exercer ou des études qu’ild voudraient suivre après la scolarité. On pourrait inviter systématiquement les réthos bruxellois à une Cité des Métiers pour une session d’information. Actiris et ses partenaires devront développer de nouveaux projets d’orientation et d’accompagnement pour l’enseignement secondaire, à l’image de Jump for Work.

Une solution pour les jeunes et moins jeunes, qualifiés ou non

 

  • Le succès du plan de garantie jeunesse (chaque jeune a droit à une formation, un travail ou un stage) doit nous pousser à continuer dans cette direction. Il faut un suivi qualitatif et quantitatif. De cette manière, nous voulons assurer que les stages, la formation et les jobs dans ce cadre conduisent à un emploi durable. Des ajustements seront apportés au besoin.

 

  • Actiris devra développer la collaboration avec ses partenaires pour toucher et accompagner les NEET (NEET = Not in Education, Employment or Training).

  • Donnons à Actiris les moyens d’élargir son plan de garantie jeunesse à tous les demandeurs d’emplois qui viennent s’inscrire. Nous veillerons à ce que cette nouvelle ambition ne se réalise pas au détriment des services aux demandeurs d'emploi de longue durée. 

 

  • La dernière législature était clairement dominée par le chômage des jeunes. Peu d'initiatives d'accompagnement spécifiques ou d'outils d'intégration ont été développés pour l'intégration des demandeurs d'emploi âgés (50 ans et plus). Actiris doit rattraper ce retard en développant une offre adaptée aux plus de 50 ans. 

 

  • Nous voulons intensifier la lutte contre la discrimination sur le marché du travail. Nous prévoyons ainsi de renforcer les services d’inspection régionale du travail et de les former aux tests pratiques visant à sanctionner les discriminations. Un suivi socio-économique sera prévu pour identifier les secteurs où des problèmes subsistent. Des tests pratiques proactifs seront réalisés sur cette base.

 

  • Il faut également une politique forte en faveur des jobs étudiants, celle-ci fait aujourd'hui défaut. De nombreux étudiants n'ont pas accès aux jobs étudiants. Dans le cas des organismes régionaux, ils sont presque exclusivement réservés aux membres de la famille du personnel. Actiris et les entreprises publiques bruxelloises doivent collaborer pour que chaque jeune qui le souhaite puisse obtenir un job étudiant. Il convient aussi de conclure des accords avec des entreprises privées. En collaboration avec talent.brussels, Actiris devra mettre en place un service à cet effet.

  • Il faut davantage d'emplois pour les personnes peu qualifiées. Le gouvernement doit créer dans son fonctionnement des projets innovants au sujet de l’organisation du travail en vue de la création d'emplois pour les personnes moyennement et peu qualifiées. On pourrait libérer de nombreuses tâches en passant au crible les activités des personnes hautement qualifiées et en les réorientant vers des tâches essentielles. Nous augmenterons ainsi la productivité des personnes hautement qualifiées, tandis que les tâches libérées seront exécutées à moindre coût par les personnes peu qualifiées. Le gouvernement doit par ailleurs s'efforcer d’empêcher le départ hors de Bruxelles des employeurs qui font travailler des personnes peu qualifiées.
     

  • Nous prévoyons des clauses sociales suffisamment larges dans les marchés publics pour stimuler l'emploi local et peu qualifié.
     

Prêt pour le marché du travail de demain


En période de bouleversements économiques et technologiques, nous voulons nous assurer que chacun ait sa place, personne ne devrait être éjecté trop tôt du marché de l’emploi. 

 

  • Nous réclamons une réforme du système de congé-éducation pour mieux répondre aux évolutions du marché du travail. Les travailleurs des secteurs menacés de disparition ou exposé à des perturbations technologiques doivent avoir la possibilité de se reconvertir grâce à des programmes de formation. Les travailleurs disposeront d’au moins un jour par semaine pour suivre la formation. 

 

  • Actiris se chargera de mettre en contact les entreprises en restructuration et de celles qui sont en plein essor afin que les travailleurs menacés de licenciement puissent mettre leur délai de préavis à profit pour se reconvertir en fonction des postes à pourvoir dans l’entreprise en croissance. 

  • Nous voulons revoir la liste des métiers en pénurie pour tenir compte des besoins en périphérie bruxelloise et dans les autres régions. Cette liste ne devrait en outre pas se focaliser sur les pénuries d’aujourd’hui mais aussi prévoir celles qui menacent dans un avenir parfois proche.

 

  • Les chercheurs d’emploi méritent un meilleur accompagnement vers une formation qui leur convienne, même s’ils bénéficient déjà d’un dispositif d’emploi. Même une fois qu’ils ont un emploi, les travailleurs doivent avoir droit à une formation complémentaire pour les renforcer sur le marché du travail. Les entreprises et les pouvoirs publics doivent être encouragés à redoubler d'efforts pour améliorer les compétences de leurs employés.
     

  • Nous voulons rendre les entreprises responsables - y compris financièrement - des coûts sociaux qu'elles provoquent si elles n'investissent pas suffisamment dans l'employabilité permanente de leur personnel. Les entreprises créant une quantité déraisonnable de chercheurs d’emploi de longue durée devront payer une contribution de responsabilisation  qui ira alimenter des fonds de reconversion professionnelle.

 

  • Chaque talent compte. Nous voulons également miser davantage sur la reconnaissance des compétences acquises hors du parcours scolaire. Les pouvoirs publics doivent ouvrir la voie en appliquant ces instruments dans leur politique de ressources humaines. Actiris doit automatiquement inscrire les compétences reconnues au dossier unique du demandeur d’emploi. Les services de validation des compétences de la COCOF et l’EVC (Elders Verworven Competenties) de la Communauté flamande doivent faire l’objet d’une publicité plus large auprès des entreprises et demandeurs d’emploi. Nous verrons également avec le secteur privé si d'autres centres de référence professionnelle sont nécessaires. 

 

Une sécurité sociale plus forte


Tout le monde ne peut pas (immédiatement) participer à l'économie régulière. L'économie sociale est le seul secteur à donner aux chômeurs de longue durée et aux chômeurs difficiles à activer la possibilité de participer à la vie économique et, par conséquent, à la société. 

 

  • Elle garantit le développement d’une économie de services de proximité qui servira de base à l’essor de services urbains comme les ateliers vélos ou de réparation, l’accueil flexible de l’enfance, les associations d’économies d’énergie... En développant l'économie sociale, on atteint non seulement des objectifs économiques, mais aussi des objectifs à valeur ajoutée sociale et écologique.

 

  • Le budget consacré à la supervision des travailleurs des groupes cibles doit être augmenté afin de renforcer les effectifs des accompagnateurs veillant à ce que les contrats de travail temporaires donnent accès au marché du travail régulier, notamment via une orientation vers des formations adaptées. 
     

  • Les travailleurs des groupes cibles manquent souvent de structure dans leur vie (de manière temporaire ou non) et le parcours professionnel est parfois le seul élément auquel ils peuvent se raccrocher. Il faut pouvoir le rallonger pour garantir une transition efficace vers le marché régulier. Nous devons mieux monitorer ce passage, également à long terme, pour mieux identifier les bons exemples et les difficultés.

 

  • L'emploi social permanent reste un chaînon manquant de l'économie sociale bruxelloise. Certains travailleurs des groupes cibles ont besoin de parcours plus longs et un certain nombre de travailleurs ne passeront jamais au circuit régulier. Les organisations doivent se voir offrir davantage de possibilités de travailler à long terme et, dans certains cas, de créer elles-mêmes des emplois sociaux durables. Cela peut se faire en coopération avec d'autres domaines de décision.

 

  • Dans la mesure du possible, les appels d'offres des autorités bruxelloises devraient être automatiquement réservés à l'économie sociale. La région doit investir dans un département surveillant ce passage et entretenant des relations privilégiées avec les grands employeurs de Bruxelles (Audi, l’aéroport, la STIB, la SNCB, la Poste, les communes...).

 

  • Dans l’attente de la fusion des 19 CPAS bruxellois, nous voulons harmoniser les pratiques autour de l’emploi des articles 60.

  • Il faut un cadre réglementaire pour les ateliers protégés et l’assistance par le travail, ainsi qu'un budget et un appel à projets pour attirer ce type d’initiatives à Bruxelles.