Où en est-on dans la généralisation des trottinettes dans les communes bruxelloises ?

Els Rochette et Safouane Akremi dessinent leurs propres zones de stationnement à Anderlecht et Forest

Il est préférable de voir les Bruxellois en vélos et trottinettes partagés qu'en voiture. Mais la manière dont les trottinettes partagées s’intègrent dans l'espace public est problématique. Trop souvent, des trottinettes égarées stationnent sur le trottoir et bloquent le passage des personnes dont la mobilité est déjà compliquée. Parfois, ces trottinettes et vélos se retrouvent même couchés sur la route, ce qui conduit à des situations dangereuses. C'est pourquoi Els Rochette (one.brussels-Vooruit) et Safouane Akremi (Vooruit) commencent avec Anderlecht et Forest. Ils s’y sont retrouvés pour y dessiner des zones de stationnements à quelques endroits problématiques et ainsi y garer les trottinettes et vélos partagés pour qu’ils ne dérangent plus personne. 

En mars 2022, le Parlement bruxellois a approuvé une ordonnance qui renforce les règles concernant l’offre et l’utilisation de la micromobilité. Plus précisément, les zones de stationnement pour trottinettes et vélos partagés ont été encadrées par la loi et les communes ont désormais la possibilité de retirer immédiatement les trottinettes ou vélos stationnés de manière dangereuse. 

Il s'agissait d'une modification de l'ordonnance de la législature précédente par le ministre de la Mobilité de l'époque, Pascal Smet. L’ordonnance d'origine visait à promouvoir la micromobilité comme moyen de transport alternatif. Les trottinettes et les vélos en libre-service sont donc aujourd'hui utilisés par de nombreuses personnes en raison de leur nature flexible et comme moyen de déplacement rapidement dans la ville. 

« Le cadre légal est en place depuis six mois maintenant, mais la réalité montre que le travail est loin d'être terminé. Plusieurs communes ont indépendamment pris l'initiative de mettre en place des zones de stationnement, mais les trottinettes ne s'arrêtent pas à la frontière d’une commune. Ce ne sera que lorsque des zones de stationnement auront été introduites sur l’ensemble du territoire bruxellois et que davantage de contrôles seront effectués par les inspecteurs régionaux et communaux que nous pourrons vraiment lutter contre la nuisance liée au stationnement des trottinettes qui ne cesse de grandir », déclare la députée bruxelloise Els Rochette (one.brussels-Vooruit)

Le fait que la région laisse cette question importante aux communes signifie la création d’une politique propre à chaque commune. Certaines se sont immédiatement mises au travail sur des zones de stationnement, tandis que d'autres ont introduit une interdiction totale de stationner pour les trottinettes partagées. 

« Le plus souvent, les trottinettes en libre-service sont mal stationnées dans l'espace public et constituent des obstacles pour les piétons, ce qui est particulièrement gênant pour les personnes en situation de handicap, les personnes âgées ou les parents avec des poussettes. En attendant, le secteur des taxis se plaint également que leurs parkings se trouvent envahis de trottinettes. Il est urgent d'agir », selon Els Rochette

Pour dénoncer cette problématique, Els Rochette et le conseiller communal d'Anderlecht Safouane Akremi (Vooruit) se sont rendus hier soir à Anderlecht et Forest pour dessiner eux-mêmes des zones de stationnement. Après tout, une zone de stationnement ne nécessite que peu d'infrastructure. Elle nécessite surtout une mise en oeuvre régionale coordonnée qui accompagne les communes dans leur démarche. Avec une approche unifiée pour tout Bruxelles, les règles seraient également plus claires pour les utilisateurs. 

M. Safouane Akremi (Vooruit) dénonce également le fait que les zones de stationnement tardent à arriver et dépose donc une motion lors du conseil municipal d'Anderlecht de ce jeudi 24 novembre.

« Le fait que les communes doivent élaborer un plan qui leur est propre signifie que tout avance lentement. Cependant, le phénomène des trottinettes est quelque chose qui dérange tout le monde aujourd'hui, y compris ceux qui les utilisent. Nous rendons service à tous les Bruxellois avec des zones de stationnement suffisamment bien délimitées », déclare Safouane Akremi. Safouane Akremi.