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Des Bruxellois engagés avec le 

Un seul combat contre la pauvreté


Les chiffres de la pauvreté à Bruxelles restent très inquiétants. D’après l’Observatoire de la Santé et du Social, près d'un enfant sur quatre grandit dans un ménage où personne ne travaille et un Bruxellois sur trois vit avec un revenu inférieur au seuil de risque de pauvreté. Bruxelles est en train de perdre la lutte contre la pauvreté.


Trop de familles tombent dans la spirale de la pauvreté générationnelle à laquelle il est si difficile d'échapper. Trop de Bruxellois se retrouvent précipités dans la pauvreté par une combinaison de chômage, de divorce, de faible pension ou de maladie. Et à l’heure actuelle, avoir un travail rémunéré n’apporte aucune garantie : de trop nombreux travailleurs sombrent également dans la pauvreté. Le nombre d’enfants pauvres est aussi beaucoup trop élevé, et ce alors que Bruxelles compte parmi les trois régions les plus riches d’Europe. De toute évidence, cette richesse n’est pas équitablement partagée. Nous plaidons donc en faveur d’une fiscalité plus équitable et pour que chacun contribue au système social et aux soins dans notre ville. Il s’agit d’une responsabilité partagée par tous les échelons politiques. Les impôts sur le revenu devraient être payés là où le revenu est généré, sur le lieu de travail : les entreprises et institutions internationales devraient être contraintes d’apporter leur contribution à la construction des services sociaux et des soins de santé là où les travailleurs ou fonctionnaires produisent la richesse.  
 

Nous ne pouvons jamais nous habituer à la pauvreté à Bruxelles, mais l’indignation seule ne règlera rien. Nous voulons adapter la politique de lutte contre la pauvreté à la réalité de la métropole. 
 

La politique de lutte contre la pauvreté décrite ici ne réussira jamais sans une vaste réflexion sur la pauvreté dans tous les domaines de décision. En outre, la société civile, et plus particulièrement les organisations de lutte contre la pauvreté, doivent être pleinement associées à ce processus.

Prévention de la pauvreté

Combattre la pauvreté passe avant tout par la prévention et il est évident que tous les pouvoirs publics portent un part une responsabilité sur cette question, et surtout le fédéral, qui doit augmenter le montant des prestations sociales. La richesse de notre pays doit être répartie équitablement. Mais nous pouvons aussi augmenter le revenu disponible des habitants au niveau de Bruxelles.

  • Le taux d'emploi des Bruxellois doit continuer à augmenter, y compris dans l'économie sociale. Les autorités bruxelloises ont également la possibilité d'influencer ou de déterminer le prix des services de base importants. La législature précédente s’y est attachée : les prix de la STIB n'ont plus augmenté, les tarifs de l'eau sont parmi les plus bas du pays. Nous devons maintenir cet effort et l’étendre à tous les services : garde d'enfants, éducation, électricité, soins de santé, accès à Internet. Ces services devraient être bon marché ou, si possible, gratuits, surtout pour les groupes vulnérables de notre ville. Pour de nombreux Bruxellois, le logement est la principale dépense : la prochaine législature doit faire de la politique du logement sa priorité absolue pour lutter contre la pauvreté.

  • Il faudra veiller à l’efficacité et au respect de la dignité dans toutes les procédures de recouvrement des dettes des pouvoirs publics ou organismes semi-publics (fournisseurs d'eau et d'électricité, hôpitaux, écoles...). La région doit soutenir ces organismes dans le recouvrement correct des dettes ou le prendre elle-même en charge et veiller à ce que le recouvrement des créances ne plonge pas les débiteurs dans une détresse financière plus grave encore.  La région doit soutenir ces organisations pour qu’elles perçoivent correctement les créances ou désigner un huissier de justice centralisé (cf. Coopérative DIAM en Flandre). De cette manière, les pouvoirs publics s’assureront que le recouvrement des dettes se fait dans le respect des règles et que les dettes éventuelles des différents organismes publics bruxellois soient suivies par un seul et même huissier (ce qui évite des coûts supplémentaires).

  • Bruxelles dispose d’une compétence qui a un impact réel sur le revenu des personnes : les allocations familiales. La région a introduit un système prévoyant un montant de base inférieur (de 150 €) et de nombreux suppléments sociaux. Il apporte un soutien supplémentaire aux familles pauvres et de la classe moyenne inférieure et fait de l'allocation familiale bruxelloise un véritable instrument de lutte contre la pauvreté infantile. Nous suivrons les résultats de ce système et y apporterons les ajustements nécessaires. À terme, nous voulons consacrer plus de moyens aux suppléments sociaux afin de réduire autant que possible l'inégalité causée par la pauvreté des enfants.

 

  • Le non-recours aux droits sociaux est trop important à Bruxelles, ceux-ci devraient être accordés automatiquement, sans qu'il soit nécessaire d’introduire une demande. Si cela n'est pas possible, toutes les autorités bruxelloises devraient avoir le réflexe d'identifier les personnes pour les informer de leurs droits. Les principales raisons pour lesquelles les droits ne sont pas demandés sont connues : fracture numérique, absence de communication active à destination du public, peur de la stigmatisation ou problèmes de mobilité empêchant les gens d'accéder au service. Pour chacun de ces problèmes, il convient de développer des politiques actives.

  • Nous désirons aider les gens à alléger leurs factures en créant un outil de réduction des coûts : des services aux consommateurs qui aident à comparer les prix, à conclure de nouveaux contrats, à examiner les factures ou à participer à des achats collectifs.

  • Les addictions, particulièrement aux jeux de hasard, sont source de pauvreté et de lourdes dettes, la Région bruxelloise doit mener une politique active pour lutter contre la dépendance au jeu et en interdire la publicité à Bruxelles. Nous voulons réduire le nombre d’agence de paris et de cafés proposant des jeux d’argent (bingo...). Certains cafés ressemblent de plus en plus à des petits casinos et encouragent ainsi les jeux d’argent et facilitent ainsi la dépendance.

 

one.brussels aussi pour le soutien social

  • La lutte contre la pauvreté à Bruxelles ne peut réussir sans une approche concertée et centralisée, pour tous les habitants et au-delà des frontières linguistiques, ce qui n'est pas contradictoire avec la proximité et l'accessibilité des services. Cette politique doit être centralisée, mais une présence physique dans les quartiers et aux abords des services sociaux, par exemple, est extrêmement importante. Les antennes de quartier et de proximité sont la traduction locale d'une politique centrale forte

  • surtout pour l'acteur le plus important dans la lutte contre la pauvreté : le CPAS. Pour agir dans ce sens, il convient d’élaborer une politique unique. Tout le monde doit avoir droit aux mêmes prestations du CPAS, quel que soit son lieu de résidence ou son domicile à Bruxelles. Nous voulons garantir cette égalité en réunissant les 19 CPAS en un seul CPAS urbain pour la région bilingue de Bruxelles-Capitale. Cette structure centrale reposera sur un fonctionnement décentralisé, avec un comptoir social dans chaque quartier de la ville pour tous les types de prestation, avec des normes de qualité identiques. Un CPAS unifié garantira la solidarité dans toute la région, contribuant ainsi à réduire les besoins. La richesse de certaines communes doit compenser la pauvreté qui se concentre dans d'autres. 

  • Fort de son expertise, le CPAS doit devenir la clé de voûte et le moteur de la politique sociale locale. En étant responsable de nombreuses missions sociales, il devra pouvoir s'attaquer à l'ensemble de la chaîne des inégalités et devenir une véritable « maison sociale ». Il devra être plus actif dans la détection de la pauvreté, afin d’aider plus rapidement ceux qui en ont besoin. Le CPAS devra aussi étendre son réseau pour pouvoir orienter rapidement les personnes ayant besoin d'une aide spécialisée vers une assistance spécifique.

  • Pour s'acquitter correctement de ses tâches, il devra disposer d'un personnel suffisant. La rémunération des assistants sociaux des CPAS de Bruxelles est inférieure à celle de la Flandre et de la Wallonie. Cette différence doit être éliminée afin que les CPAS de Bruxelles deviennent des employeurs plus attrayants. Une politique salariale unique doit en outre être introduite pour tous les CPAS de Bruxelles car aujourd'hui, certains centres attirent des assistants sociaux d'autres CPAS en leur proposant de meilleures conditions.

  • Un CPAS accessible doit disposer d'un personnel bilingue suffisant, y compris aux guichets sociaux, nous voulons ainsi mettre en avant les compétences linguistiques existantes du personnel et utiliser des panneaux d’affichage et directionnels bilingues dans les CPAS et les différents bâtiments.

 

Détection précoce

  • Beaucoup de gens ont peur de la stigmatisation associée à une demande d’aide, voire ont peur du CPAS lui-même, ou encore ignorent qu’ils peuvent recevoir une aide. Ils attendent donc trop longtemps avant de chercher de l'aide. Par le biais d'un réseau d'organisations de la société civile, d'écoles et d'hôpitaux, le CPAS doit identifier ces personnes et leur venir en aide plus rapidement. Les CPAS devraient donc travailler de manière proactive et recourir à des personnes relais, ou p. ex. offrir leurs services dans les écoles, les associations sociales et les maisons de quartier, en collaboration avec K&G ou l’ONE et d’autres organisations de protection sociale, comme les centres d’aide aux personnes (CAW).

 

Une politique sociale forte dans chaque quartier

  • La participation est une affaire de citoyens bien informés et émancipés. Les personnes en situation de pauvreté et les groupes socialement exclus restent à la traîne et ne sont pas suffisamment pris en compte dans la politique des autorités. Les décideurs politiques doivent accorder une attention particulière à la participation politique des groupes défavorisés. Nous voulons un conseil de participation dans chaque CPAS, composé d'usagers et de représentants des groupes exclus, entretenant des contacts structurels et réguliers avec le conseil du CPAS.

 

  • On pourra assurer une meilleure réponse aux besoins des personnes les plus vulnérables en augmentant le nombre d'experts ou de personnes du quartier parmi le personnel à tous les niveaux des CPAS.

  • Il faut un point de contact régional bruxellois pour les associations pour donner la parole aux personnes pauvres, ainsi qu'une plate-forme active et ouverte pour la concertation, le dialogue et l'évaluation des politiques. La politique sociale et de lutte contre la pauvreté de la commission communautaire flamande doit créer un groupe de participation composé d’experts et de représentants des associations donnant la parole aux personnes pauvres, lequel donnera des conseils sur les choix politiques. 

  • Le test de pauvreté devra être évalué et effectué de sorte à avoir un véritable impact sur les domaines de décisions de la Région et de la commission communautaire flamande, il doit être réalisé par des associations de la société civile (CPAS, associations donnant la parole aux personnes pauvres, associations de quartier, maisons de quartier...).

  • L'une des méthodes les plus efficaces pour promouvoir la coexistence dans les quartiers urbains est de construire des maisons de quartier proposant un large éventail d'initiatives accessibles (sociales, artistiques, interculturelles, intergénérationnelles...). Des maisons où les riverains peuvent se rencontrer, participer activement et se pencher collectivement sur les problèmes du quartier. Les maisons de quartier Chambéry, Bonnevie, Buurtwinkel et Wijkpartenariaat ont prouvé depuis de nombreuses années l’énorme valeur ajoutée d’une telle approche intégrée. Elles jouent également un rôle actif dans l'environnement multilingue en nouant des coopérations avec des partenaires allophones et des initiatives communales. Ces maisons doivent être soutenues et renforcées de manière durable et des investissements doivent être consentis pour en créer de nouvelles.

 

  • Il faut davantage d'installations sanitaires accessibles pour ceux qui en ont besoin : toilettes gratuites, douches gratuites... Ces installations devront être recensées et il faut en faire la publicité parmi les groupes défavorisés de notre ville, il faut aussi faire la publicité des toilettes auprès des touristes et visiteurs en distribuant à l’office du tourisme des cartes indiquant leur emplacement. Ce qui poussera aussi les responsables à mieux assurer le nettoyage et l’entretien. Ceci bien évidemment dans l’attente d’une amélioration structurelle de la qualité du marché du logement et en attendant que chacun ait un toit au-dessus de la tête.

  • Il convient également de lutter contre la fracture numérique : tous les citoyens devraient avoir accès à Internet et être capable de travailler avec un ordinateur, de préférence à la maison. L’informatisation de la société désavantage certaines catégories de la population (personnes âgées, moins qualifiées, défavorisées) dans l’accès à certains services. On remarque ainsi que beaucoup de séniors n’ont pas accès aux services financiers parce que les agences bancaires ferment et qu’ils ne maîtrisent pas les alternatives numériques. Les guichets électroniques ne peuvent pas se substituer aux contacts personnels.

 

Les travailleurs pauvres et la lutte contre l’endettement

  • L’emploi rémunéré n’est pas toujours une assurance face à la pauvreté et à l'exclusion : salaires (trop) bas, régime de travail limité ou plusieurs personnes à charge, autant d’éléments pouvant plonger les salariés dans la pauvreté. L’existence de « travailleurs pauvres » est inacceptable, le travail devrait toujours être payant. L’emploi doit être un rempart contre la pauvreté ou un tremplin pour s’en sortir et offrir une perspective d’avenir. Nous voulons que la région développe une politique spécifique pour les « travailleurs pauvres »,

  • en instaurant notamment un programme spécifique du CPAS pour les personnes à faible revenu. Ce programme fournirait une assistance pour le logement, la médiation de dettes et les services de soutien à la famille.

  • Pour certaines personnes, le lien entre les prestations sociales et un statut donné peut rendre plus difficile le chemin pour s’en sortir. Ceux qui trouvent du travail et se trouvent en dessous d'un certain seuil de revenu doivent également continuer à bénéficier d'avantages sociaux, au moins temporairement, dans les domaines du logement, des transports publics, des médicaments bon marché... Les avantages sociaux devraient être liés au revenu plutôt qu’au statut.

  • Nous voulons renforcer les systèmes de crédit social, il s'agit de crédits qui s'adressent aux consommateurs, principalement pour le logement, offrant des alternatives aux coûteux crédits à la consommation existants des banques ou des grands magasins.

  • Les services de médiation de dettes doivent recevoir des financements supplémentaires. Au cours des cinq prochaines années, les financements seront encore augmentés et rendus structurels, ils seront aussi plus transparents, tant pour les débiteurs que les créanciers et les autres organisations d'aide, afin que les personnes soient orientées et puissent obtenir de l'aide plus rapidement.

 

Les sans-abri

  • Le nombre de sans-abri continue à augmenter à Bruxelles. Pourtant, l'hébergement d'urgence a été réformé au cours de la dernière législature et les organisations qui fournissent des abris d'urgence ont été dotées d’un cadre de travail clair prévoyant des garanties de qualité et un cadre de financement lisible. Nous avons investi dans la création de places supplémentaires pour que personne n'ait à dormir dehors et le service Bruss'help a été inauguré en vue de coordonner les structures d'aide et d’orienter les sans-abri vers les services. Ce service sera également en mesure de monitorer les résultats et d'apporter un soutien à d'autres domaines de décision pour lutter contre le sans-abrisme. Bruss'help doit devenir un centre d'expertise à part entière pour soutenir l'ensemble de la politique bruxelloise en matière de sans-abrisme et pour offrir des informations plus intégrées sur les profils des personnes sans-abri, ce qui demandera une concertation étroite avec les organisations de terrain. La plate-forme « Recht op een dak, Droit à un toit » rassemble 80 associations bruxelloises et représente un partenaire important pour donner forme à Bruss’help.

 

  • Malheureusement, l’hébergement d'urgence reste nécessaire dans le contexte bruxellois actuel car c’est la seule solution pour les sans-papiers, par exemple. Bruxelles doit continuer à insister auprès le gouvernement fédéral pour qu’il assume enfin ses responsabilités et mène une politique humaine envers les demandeurs d’asile et les sans-papiers.

  • Il est cependant nécessaire d'éviter autant que possible l'hébergement d'urgence. En premier lieu, en prévenant le sans-abrisme. Nous devons investir dans le logement abordable, l'économie sociale, le soutien à la famille, l’assistance en matière de toxicomanie, la médiation de dettes... Les expulsions pour raisons financières doivent être évitées, les personnes risquant d'être expulsées de leur domicile doivent être aidées par le CPAS. Pour ce faire, le CPAS doit être informé à l'avance et disposer du temps et des moyens nécessaires pour trouver une solution (plans de paiement, soutien financier ou nouveau logement...). Les expulsions en hiver doivent être absolument interdites, même pour les locataires du privé.

 

  • Les personnes qui, pour une raison ou pour une autre, deviennent sans-abri doivent avoir la possibilité de participer à nouveau pleinement à la société. Le modèle Housing First doit être développé davantage à Bruxelles : nous voulons qu’il permette d’aider autant de sans-abri que possible à l'avenir. Les maisons d'accueil doivent aussi servir pour offrir aux personnes une alternative à la vie dans la rue.

 

  • L'accès au logement social pour les sans-abri devrait également être renforcé en leur attribuant plus de points sur les listes d'attente.

 

  • Pour chaque sans-abri, il faudra vérifier si tous les droits sociaux sont perçus ; une adresse de référence devra leur être attribuée à cet effet par un CPAS.

  • La plate-forme pour les Roms doit être relancée. En concertation avec le gouvernement, tous les acteurs doivent développer une politique structurelle pour garantir l’intégration des personnes d'origine rom dans notre société bruxelloise. La Région bruxelloise met également un certain nombre de sites dotés d'infrastructures appropriées à la disposition des gens du voyage.

 

  • Nous ne pouvons pas tolérer la mendicité organisée qui exploite les enfants et les personnes handicapées : les enfants doivent être sur les bancs d’école, pas dans la rue et les personnes présentant un handicap doivent recevoir des soins. Nous voulons intervenir dans ces situation, si besoin de manière contraignante.

  • Pour les sans-abri ayant des problèmes mentaux, nous voulons investir dans des soins de santé mentale accessibles et dans une approche professionnelle de la question de la toxicomanie. 

  • Il est nécessaire de prévoir une procédure claire prévoyant l’obligation pour les sans-abri de rejoindre un hébergement dès lors qu’ils représentent un danger pour eux-mêmes ou pour autrui.

 

 

Pauvreté infantile

Un enfant bruxellois sur quatre grandit dans un ménage sans travailleur. La dernière étude de la Fondation Roi Baudouin sur la pauvreté et la précarité des enfants belges montre que Bruxelles obtient de très mauvais résultats par rapport aux autres régions en termes de pauvreté infantile. Bruxelles fait figure de mauvais élève au niveau européen.

 

La lutte contre la pauvreté infantile doit devenir une priorité absolue. Investir dans l'amélioration des conditions de vie permet d'éviter que ces pauvres enfants deviennent plus tard des adultes pauvres. Des mesures doivent être prises dans tous les domaines pour lutter efficacement contre la pauvreté des enfants : emploi, logement, augmentation des prestations, services de base bon marché ou gratuits, éducation, soins de santé.

 

  • Détection rapide : les signes de pauvreté infantile doivent être pris au sérieux et l'aide doit être mobilisée immédiatement. K&G, l’ONE, les crèches et les écoles doivent être davantage sensibilisés pour reconnaître ces signaux et alerter les services d’aide.

 

  • Nous devons développer les Huis van het kind/maison d’enfance et organiser leur promotion pour que tous les parents qui ont des questions sur le soutien familial puissent s'y adresser. Ces maisons devraient également mettre en place des projets intégrés au niveau local pour aider les enfants les plus vulnérables.

 

  • La Communauté flamande et la Commission communautaire commune doivent consentir des investissements supplémentaires dans la prise en charge spécifique de la jeunesse en région bruxelloise. L'enfant doit rester au centre des considérations et des initiatives doivent être prévues si des soins ou une aide sont nécessaires ou qu'une assistance préventive peut être fournie. La continuité de la prise en charge de l'enfant et/ou de l'adolescent peut être assurée par la mise à disposition d'un coach personnel (coach jeunesse) ou d'un conseiller en orientation.

 

  • Bruxelles doit mener une politique active de médiation parentale et en matière de divorce qui s'adresse au plus grand nombre.

 

Pauvreté des personnes âgées

La pauvreté ne concerne pas que les enfants ou les familles, elle touche également les personnes âgées. Seulement celle-ci est moins visible car ces personnes sont isolées et ne sortent souvent plus beaucoup de chez eux. Des études indiquent en outre qu’entre 30 et 40 % des pensionnaires dans les maisons de repos bruxelloises sont parfaitement valides et que leur choix se fonde souvent sur le manque de moyens financiers, la maison de repos étant leur dernière option.

  • Il est urgent de mener une politique de logement répondant aux besoins des personnes âgées. Celle-ci doit partir du principe que les personnes âgées doivent pouvoir rester aussi longtemps que possible dans un environnement familier, mais qu’il faut en parallèle développer une offre différenciée de logements adaptés et abordables , comme les logements adaptés pour séniors dans les logements sociaux, les flats-services avec équipements de soins, l’habitat kangourou... (voir aussi « Vieillir à Bruxelles »).

 

  • En collaboration avec les CPAS et les mutuelles, il faut élaborer un plan de prévention des chutes pour Bruxelles, offrant la possibilité à tous les septuagénaires (et au-delà) de faire évaluer leur logement en termes de risques de chute par un service de la mutuelle. Cette visite du service social de la mutuelle permettra de constater les problèmes d’isolement social et de pauvreté. Il devra être possible d’adapter ces logements en collaboration avec les ALE (Agence locale pour l'emploi), dans le cas contraire, il faudra pouvoir collaborer avec les sociétés de logement social ou avec le CPAS pour organiser un déménagement vers un logement mieux adapté. En parallèle de ces visites à domicile, il faudra proposer à tous les séniors un cours gratuit de « prévention des chutes » dans les centres socio-culturels, les centres communautaires et les service locaux.

 

Droit à l’épanouissement social et culturel

  • L'article 27 de la Déclaration des droits de l'homme énonce l'objectif de donner à chacun un accès facile aux activités culturelles et récréatives ainsi qu’aux vacances. Tous les centres culturels, les initiatives et associations de Bruxelles doivent non seulement s’y conformer, mais aussi indiquer clairement (à l’écrit, sur Internet et les réseaux sociaux) qu’ils tiennent compte de l’Article 27  dans leurs tarifs. Nous voulons intégrer l’Article 27 et le Paspartoe dans la politique tarifaire des associations culturelles comme outil dans les activités pour le public.

 

  • Les CPAS devraient offrir de vraies réductions aux personnes et groupes en situation de pauvreté pour leur permettre de participer à toutes sortes d'activités (culture, sport, travail de jeunesse et loisirs). 

 

  • Le pass loisirs Paspartoe de la commission communautaire flamande offre des réductions aux personnes en situation de pauvreté, celles-ci doivent être accordées automatiquement et l’utilisation du pass doit encore être simplifiée et promue.

 

  • Les organisations d'aide sociale et les associations socioculturelles doivent recevoir davantage de soutien financier pour permettre aux personnes et groupes en situation de pauvreté de participer à la culture. Il faut également investir dans les éducateurs afin d'informer les personnes en situation de pauvreté de l’offre en matière culturelle et de loisirs, les centres communautaires doivent jouer ici un rôle central.

 

  • Nous plaidons pour la création d’un Point d’appui régional bruxellois pour la participation aux vacances, à l’image de ce que fait Toerisme Vlaanderen. Les CPAS bruxellois et les associations d’aide sociale doivent promouvoir activement et de manière créative l’offre de ce Point d’appui pour que même les personnes en situation de pauvreté puissent partir en vacances.

  • Les centres artistiques et culturels doivent être encouragées à se tourner davantage vers les personnes qui ne participent pas à la vie culturelle en raison de la précarité de leur situation. Plusieurs options sont envisageables : lancer des collaborations avec des associations de lutte contre la pauvreté, mettre des locaux à la disposition de celles-ci, organiser la participation lors de la programmation, lancer des projets artistiques impliquant des personnes pauvres. Il faut inciter les associations actives dans la lutte contre la pauvreté à tisser des collaborations avec des initiatives artistiques, centres cultures ou projets socio-artistiques existants. Les organisations socio-artistiques qui travaillent essentiellement avec les groupes socialement vulnérables méritent un soutien constant. L’important est que ces associations socio-artistiques d’adressent à divers groupes de personnes, pas seulement aux personnes en situation de pauvreté

 

  • Travailler au niveau local, en prêtant attention au contexte du quartier est une approche payante Nous voulons investir dans les projets de quartier et de proximité car ils adoptent une approche transversale et multidisciplinaire en mettant l’accent sur l’autonomie et l’épanouissement social des riverains. Ces initiatives accessibles devraient être reconnues et subventionnées.